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Hommage à Julien Astier et Pierre Arnaud (suite)

Pierre Arnaud naît le 2 janvier 1893 à Saint-Brès. Son nom est le premier inscrit sur la pierre froide de notre monument aux morts. C’est aussi le premier soldat Saint-Brésois « Mort pour la France », peu après sa mobilisation, le 20 août 1914, à l’âge de 21 ans.

Ce soldat de 2è classe, du 40e régiment d’Infanterie, tombe à Dieuze, sous le feu de l’ennemi, durant la bataille de Lorraine, l’une des premières de la Grande Guerre, opposant les troupes françaises et allemandes. Lorsque Pierre est fauché, à l’aune de ses vingt-deux ans, ce 20 août, débute la grande contre-attaque allemande. Facilitée par un brouillard enveloppant tout le champ de bataille, dès la pointe du jour, la fusillade et la canonnade sont très intenses, provoquant d’énormes pertes.

En deux jours, 9 800 soldats et 180 officiers perdent la vie. Les pertes de Dieuze illustrent cruellement ce que l’on sait aujourd’hui : la guerre de 1914 – 1918 a tué dans les quatre premiers mois autant de Poilus qu’elle en a tué dans les quatre ans qui suivront. A propos des combats féroces du 20 août, à Dieuze, le capitaine Cochet décrit : « Vers 6h les allemands attaquèrent de face et sur notre flanc gauche car ils garnissaient toute la lisière Est du bois et nous tiraient dans le dos pendant que la mitraille balayait le plateau.»

Coïncidence : les régiments de nos deux Saint-Brésois – les 141e et 40e régiments d’Infanterie – participent à cette bataille de Lorraine. Qui sait ? Ces deux villageois se sont peut-être côtoyés au champ d’horreurs.

Sur le tombeau de Pierre Arnaud, on peut lire ce poignant témoignage de ses proches : « Parti pour la funeste guerre de 1914, porté disparu le 19 août 1914. Après six années d’attente cruelle, la triste nouvelle arrive : son corps a été identifié à Vergaville, près de Dieuze, en Lorraine. Bon, intelligent, travailleur, ses études furent toujours couronnées de succès. Seul espoir de ses vieux père et mère qu’il laisse dans la plus épouvantable des douleurs.»

A cette époque, à Saint-Brès, par leurs origines, Pierre et Julien incarnent les forces vives qui font chanter la terre, encore nourricière. Pierre est fils de propriétaire et Julien cultivateur. Dans notre commune, comme dans tant d’autres, le départ de ces hommes vers le front désorganise l’activité agricole.

« Nos deux jeunes Saint-Brésois n’ont eu aucune chance de s’extraire de cette matrice infernale que fut la Grande Guerre. Mêlés à la boue froide des champs de bataille, comme Julien et Pierre, ils furent bien trop nombreux à gémir avant de s’éteindre au milieu des débris invisibles d’anciennes espérances. En ce 11 novembre 2009, Julien Astier et Pierre Arnaud, nous nous souvenons de vous. » observe Christian Gesbert, en conclusion de son hommage.

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